Au Soudan du Sud, le président Salva Kiir a officiellement ouvert ce jeudi 24 septembre un dialogue inter-partis dans la capitale, Juba. Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la dissolution du gouvernement de transition deux jours auparavant et de la formation d’un gouvernement intérimaire chargé d’organiser les élections prévues pour le 22 décembre prochain. Plusieurs groupes d’opposition rejettent ce dialogue et dénoncent une crise constitutionnelle et de légitimité. Ils appellent à une intervention de la communauté internationale.
Avec notre correspondante à Juba, Florence Miettaux
Pas de « négociations » ni de « désaccords », et surtout, pas de retour en arrière sur « ce qui a été mis en place légalement ».
C’est ainsi que le président Salva Kiir a posé le cadre de son dialogue inter-partis, ce jeudi dans la capitale sud-soudanaise, face à un parterre d’officiels et de diplomates réunis au Freedom Hall. « L’objectif principal est que nous convenions tous d’une voie menant à une élection pacifique et crédible », a déclaré le président, prévenant d’emblée qu’il ne s’agissait pas « de modifier la direction du chemin que nous avons pris », ni de « nous empêcher d’avancer »
La veille, huit groupes d’opposition en exil ont quant à eux annoncé leur rejet du dialogue et des élections telles que proposées. Ils ont adressé un « appel urgent » aux présidents de l’Union africaine et du groupe régional d’Afrique de l’Est IGAD, constatant « l’effondrement de l’accord de paix », ainsi qu’une « crise constitutionnelle et politique » après une série de mesures prises de façon unilatérale par le président.
C’est notamment la mise à l’écart de son vice-président, Riek Machar, aujourd’hui en résidence surveillée, qui bafoue selon ces partis d’opposition le principe de collégialité de l’accord de paix. Ils réclament une « intervention régionale » afin d’organiser « un processus constitutionnel national et inclusif ».
Source : RFI

